Écrire un commentaire sur Facebook contribue au développement de soi

Retour sur les interventions des sociologues Dominique Cardon et Antonio A. Casilli à la conférence « Web culture : nouveaux modes de connaissances, nouvelles sociabilités » organisée par la Villa Gillet à l’Institut des Chartreux de Lyon et animée par Stéphane Bourmeau.1

Se développer en produisant du contenu

30% des français produisent actuellement du contenu. Avant le web, seulement 8% étaient auteurs. Internet a changé notre rapport à l’écrit : écrire ne se limite plus à de la transmission d’informations, mais est un moyen d’expression pour tout un chacun que ce soit au travers de ses statuts sur les réseaux sociaux, de ses avis sur des albums musicaux, en réponse à d’autres opinions… Cette mise en avant de ses pensées par un support autre que la parole est contrainte à une formulation claire et pérenne. La multiplication de ces efforts de transcription ainsi que les confrontations à d’autres points de vue vont affiner l’avis et les idées de celui qui, au final, n’aura peut-être que commenter un statut supplémentaire sur Facebook. La production de contenus, dont l’auteur et ses opinions sont les dénominateurs communs, est « en train de rentrer dans la production du moi ».

Parler de soi, pour être en relation avec les autres

Cet individualisme d’exposition sert la relation sociale de plusieurs façons. Il permet de créer des échanges autour de cette exhibition : « tu as vu mes dernières photos ? ». Dévoiler des bribes de sa vie sur Internet donne l’impression à la personne derrière son écran de “connaître l’auteur” et de créer un lien relationnel et/ou émotionnel. Cette mise en avant de soi aide également à entretenir le lien d’autres personnes de son propre réseau humain en leur offrant cet accès à une certaine intimité : Internet ne vient pas diminuer la relation sociale, mais au contraire l’augmenter : les relations sur le web complètent les relations I.R.L. “In Real Life”. Le web n’est pas un aspirateur de notre vie sociale c’est un outil de mise en valeur.

Se distancer de son contenu

Avant le web, lorsqu’un auteur réalisait une œuvre imprimée, matérialisée, un phénomène de distanciation se produit. Cette prise de recul se réalisait vis-à-vis de l’objet en lui-même mais également par le temps pris par la réalisation et la distribution de l’ouvrage. Avec Internet, il y a moins de distanciation mesurable. Le contenu produit engrange rapidement de la reconnaissance. Constater cette reconnaissance et son immédiateté est une chose très simple à mettre œuvre : il suffit d’observer la rapidité des interactions avec tel statut ou tel photo et le bouton “j’aime” sur Facebook. La distanciation ne se fait donc plus vis-à-vis de l’objet, ni même avec le temps mais en soi-même : notre production, notre avis ou notre histoire sont décrits par une sorte de voix off que l’on se crée.

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À propos de la conférence

« Des barbelés dans la prairie » le retour de conférence sur le blog de S. Léauthier

La fiche de la conférence sur le site de la Villa Gillet

Le blog d’Antonio A. Casilli

Les sociabilités neuves des « communautés d’information », le compte-rendu de la soirée par Clément Sénéchal

Les comptes twitter de Virginia Heffernan : @page88, d’Antoinio A. Casilli : @Bodyspacesoc et de Dominique Cardon : @Korege.

1:Je reviendrais dans un autre billet sur la très belle intervention de Virginia Heffernan lors de cette conférence.

4 réflexions au sujet de « Écrire un commentaire sur Facebook contribue au développement de soi »

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